L'illusion du prestige culturel
- SEYMOUR MELINA

- il y a 2 jours
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Ces dernières années, le monde culturel, institutionnel et dit « prestigieux » a perfectionné un art remarquable : celui de la forme impeccable, du cadre sophistiqué, de la mise en scène soignée jusqu’à la dernière lumière. Il sait produire du beau, du symbolique, du « prestige culturel » qui flatte l’œil et rassure les institutions. Il maîtrise les plateaux éclairés, les belles tables rondes, les vernissages élégants, les discours bien calibrés et les trophées, parfois même ceux confectionnés par Seymour Création, qui brillent sous les projecteurs.
Pourtant, derrière cette enveloppe brillante, il offre trop peu de matière véritable. Trop peu de substance dense, de nourriture profonde capable de nourrir réellement la vie – la vie telle qu’elle se vit dans la chair, dans les luttes quotidiennes, dans les silences intimes, dans les reconstructions après l’effondrement. On multiplie les lieux de représentation, les cérémonies du folklore institutionnalisé, les célébrations de surface, parfois au prix d’un appauvrissement terrible de l’essentiel : ce qui soigne vraiment, ce qui répare, ce qui transforme en profondeur, ce qui permet de tenir debout quand le décor s’effrite.
Ce n’est pas la beauté qu’il faut condamner, loin de là. C’est l’illusion qu’elle suffise. Car une belle coquille vide, aussi prestigieuse soit-elle, ne nourrit pas la vie réelle.
Mélina Seymour





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