Relations sociales : être fidèle à ce qui nourrit et le droit de ne pas tout entretenir, une réflexion de Mélina Seymour
- SEYMOUR MELINA

- il y a 1 jour
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Vivre en société implique des interactions qui ne correspondent pas toujours à ce que nous aurions spontanément envie de vivre. Les relations humaines sont faites de décalages permanents.
Nous ne vivons pas seuls sur une île. Il faut collaborer, travailler, répondre, négocier, parfois faire un geste simplement parce qu'il facilite la vie commune. Ce n'est pas de l'hypocrisie. C'est le fonctionnement normal de la vie en société.
En revanche, rien ne nous oblige à multiplier les relations pour répondre à une norme sociale. Nous pouvons accepter certaines interactions lorsqu'elles sont nécessaires, sans ressentir le besoin d'en créer davantage pour donner l'impression d'avoir une vie sociale plus remplie.
Beaucoup de gens confondent être sociable et être disponible pour tout le monde, et finissent épuisés à entretenir des liens qui ne les nourrissent pas, juste pour ne pas avoir l'air isolés.

Reconnaître qu'un échange peut être terminé
On croise quelqu'un dans un contexte professionnel ou associatif. L'échange a été correct, presque agréable. Le travail a été fait, le service rendu, chacun est reparti de son côté. Vient alors la tentation de faire l'effort quand même, de prendre des nouvelles par politesse, de peur de paraître distant ou peu reconnaissant. Et il y a ce moment où l'on choisit de ne pas le faire, non par rejet de l'autre, mais par fidélité à ce qui nourrit vraiment. Ce n'est pas de l'ingratitude. C'est simplement reconnaître qu'un échange peut être terminé sans qu'il faille le prolonger pour se rassurer soi-même.
Être pleinement présent dans la société ne signifie pas que chaque rencontre doit devenir une amitié ou une fréquentation régulière. Il n'y a rien d'anormal à cela.
Choisir les relations que l'on souhaite approfondir n'est pas un repli sur soi. C'est une manière de vivre en accord avec ce qui nous nourrit profondément.
La solitude choisie et l'isolement subi n'ont rien en commun. La première est une décision qui protège l'énergie et la clarté d'esprit. Le second est une souffrance. Confondre les deux, c'est se priver du droit fondamental de dire non à ce qui épuise, sans avoir à se justifier.





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