Mélina Seymour au 9e Congrès Panafricain de Lomé : Une participation indépendante pour un panafricanisme inclusif
- SEYMOUR MELINA

- 28 déc. 2025
- 3 min de lecture
Lomé, Togo – Du 8 au 12 décembre 2025, la capitale togolaise a vibré au rythme du 9e Congrès Panafricain, un événement majeur dédié au renouveau du panafricanisme et au rôle de l'Afrique dans la réforme des institutions multilatérales. Parmi les voix qui ont marqué cette édition, celle de Mélina Seymour, auteure, entrepreneure culturelle et figure engagée de la diaspora afro-caribéenne, s'est distinguée par sa clarté et son indépendance. Installée au Canada depuis près d'une décennie, cette Guadeloupéenne d'origine a pris la parole en son nom propre, sans alignement politique ni caution à un régime, pour défendre des causes qui animent son parcours depuis des années : la place des femmes, la sororité, l'entrepreneuriat, la transmission intergénérationnelle, la justice sociale et la dignité des peuples africains et afro-descendants.

Dans un post publié sur les réseaux sociaux à l'issue du congrès, Mélina Seymour a tenu à clarifier les motivations de sa présence. "Ma participation ne relève ni d’un ralliement politique, ni d’une caution donnée à quelque régime que ce soit", a-t-elle écrit, soulignant qu'elle intervenait avec "constance et clarté" sur des thèmes centraux de son engagement. Elle y a évoqué son entreprise diasporique Seymour Création, qui fusionne sculpture artisanale en bois, innovation numérique et narration des histoires de réussite. Elle a également présenté son ouvrage récent, Quand l’Afrique (r)appelle ses enfants afro-descendants, publié en juin 2025 aux Éditions Nestor en Guadeloupe, ainsi que ses actions au sein de l'ONG Africa Mondo et des réseaux internationaux de jeunes leaders francophones qu'elle a présidés. Ces initiatives, menées sur le terrain en Afrique et dans la diaspora, illustrent selon elle une approche concrète du panafricanisme d'action, loin des invectives des réseaux sociaux.
Pour Mélina Seymour, refuser les simplifications est une "exigence politique". Elle insiste sur le fait que le panafricanisme ne se limite pas à l'abstention ou au boycott, mais se construit par le dialogue, la confrontation d'idées et l'action dans des contextes imparfaits. "Je reste solidaire des luttes pour la liberté, la justice et la dignité au Togo comme ailleurs", affirme-t-elle, tout en réaffirmant son engagement à "travailler, relier, construire, sans invective, sans posture, sans instrumentalisation". Lors de la cérémonie de clôture, elle a eu l'honneur de lire un extrait des conclusions collectives, disponibles sur le site officiel du congrès et relayées sur les réseaux.

Un moment fort de sa participation a été son intervention dans la Commission 7, dédiée au rôle et à la place de la femme dans le mouvement panafricain. Sous le titre Solidarité, sororité et émancipation : un nouvel humanisme africain et afrodescendant au féminin, Mélina Seymour a livré une communication structurée et visionnaire. Elle y définit la sororité non comme un slogan moderne, mais comme une réparation historique face à la fragmentation imposée par l'esclavage, le colonialisme et le patriarcat. Citant Thomas Sankara et Wangari Maathai, elle appelle à une parité réelle dans les instances panafricaines, notant que seulement environ 12 % des grandes structures internationales sont présidées par des femmes en 2025.
Elle met en lumière les tontines – ces systèmes d'épargne communautaire comme les ROSCAs – comme des outils d'empowerment économique, tout en soulignant leurs limites, telles que les inégalités internes. Proposant des actions concrètes, elle suggère la création d'un Fonds Panafricain des Tontines Digitales et Solidaires d'ici 2027, capitalisé à 50 millions de dollars, ainsi qu'une Alliance Transatlantique des Sororités Économiques reliant Afrique, Caraïbe et diasporas. Elle plaide pour intégrer spiritualité et écologie dans l'économie féminine, réservant des espaces décisionnels aux entrepreneures et créatrices. Trois priorités émergent : une parité 50/50 d'ici 2030, un quota de 40 % des financements panafricains pour les initiatives féminines, et un sommet caribéen en 2027.
En conclusion, elle interroge : "Dans cinq ans, qu’est-ce qui aura vraiment changé pour les femmes qui soutiennent nos économies sans être nommées dans les rapports officiels ?"
Cette intervention, enrichie d'une bibliographie solide couvrant histoire, économie et spiritualité, ancre le discours de Mélina Seymour dans une perspective transatlantique, inspirée de son propre parcours d'entrepreneure avec Seymour Création.



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