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  • SEYMOUR MELINA

Mon test ADN pour découvrir mes origines africaines

De nombreuses entreprises américaines proposent d'analyser l'ADN de toute personne désirant découvrir ses origines ethniques. A noter qu'en France, seule une prescription juridique ou médicale permet d'effectuer légalement un test ADN, ce qui contraint certains Français à passer par des sites étrangers pour faire leur propre enquête généalogique. Tout comme moi, de nombreux Afro-caribéens et plus largement, des Afro-descendants veulent en savoir plus sur le parcours et les origines africaines de leurs ancêtres. Alors, je l'ai fait !

Le texte ci-dessous est un extrait de mon prochain ouvrage "Quand l'Afrique appelle ses enfants afro-descendants".


J'avoue que je n'étais pas très emballée à l'idée de faire ce test pour plusieurs raisons. La principale étant que ce soient des laboratoires majoritairement américains ou européens qui analysent mon ADN avec des échantillons qui me semblent pas assez représentatifs de l'immensité des peuples et des régions d'Afrique. Il me paraît plus crédible que des laboratoires africains, basés sur le continent, prennent la mesure de ces enjeux afin d'avoir une plus large base de données pour permettre aux afro-descendants en quête de leurs racines, à mieux retracer le fil de leur ADN dans les pays africains dont ils seraient originaires.


Et puis, loin de toute analyse scientifique, j'étais intimement convaincue que j'étais une béninoise tant mon coup de coeur et mon attirance spirituelle pour le Bénin résonnent en moi. De retour dans ma bulle familiale, après avoir passé plus de 5 mois au Bénin dans le cadre de l'organisation du Black History Month Africa, j'ai donc finalement décidé de faire ce test en plein coeur de cette première vague de pandémie Covid 19. Ébranlée comme beaucoup par une actualité mortifère, la rencontre unique avec les frères et soeurs africains au coeur de l'Afrique de l'ouest durant cinq mois et les multiples annonces publicitaires sur les tests ADN qui défilaient sur mes réseaux sociaux, sont autant d'événements qui m'ont poussée à franchir le pas et à procéder à cet acte si important qu'est la recherche de mes origines ethniques.


Au mois de juin, j'achète le kit en ligne, Ancestry DNA, que je reçois au mois de juillet. En août, le laboratoire reçoit mon échantillon d'ADN par voie postale et en septembre les résultats me parviennent dans ma boîte mail. Toute excitée, j'ai hâte de savoir de quels pays sont originaires mes ancêtres. En présence de mon conjoint et de notre benjamine, je prends lecture des résultats.


Africaine à 92%

Je découvre sans surprise, mais avec une joie incommensurable à quel point cette analyse scientifique vient confirmer que je suis profondément africaine. 92% de mes racines sont bien Africaines. Mes ancêtres seraient à 46% originaires du Nigéria, 20% du Cameroun, du Congo ou Bantou de l'Ouest, 19% entre le Bénin et le Togo, et de façon plus lointaine à 7% originaires du Mali.

Je ne suis pas certaine que bon nombre de nos frères et soeurs africains qui vivent sur le continent ou à l'étranger comprennent cette démarche qu'est la nôtre en tant qu'Afro-descendants. Quand certains africains trouvent cela ridicule, font tout pour s'enfuir de l'Afrique au péril de leur vie dans la mer Méditerranée ou encore d'autres renient leurs origines et même la couleur de leur peau, moi l'afro-caribéenne, j'ai cette fierté de Sankara, de Cheikh Anta Diop, de Marcus Garvey, d'Aimé Césaire et bien d'autres.


Comme l'a dit Kwame Nkrumah

"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi."

L'afro-caribéenne originaire de la Guadeloupe que je suis est très fière de rechercher ses racines africaines. Cet héritage identitaire et culturel qui m'habite et m'élève à tout point de vue, est indescriptible. Car savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va est une boussole pour celui ou celle qui (re) cherche son vrai chemin dans la vie. Au moment où la globalisation devient la norme, les afro-descendants en Amérique tout comme ailleurs sont victimes encore de racisme et de délits de faciès, de perte de nos valeurs ancestrales au profit de modes occidentales, il me paraît important de vivre cette expérience, pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants. Mes filles doivent savoir que bien que nées dans la Caraïbe et en Amérique du Nord, leurs racines sont profondément africaines et qu'elles peuvent en être fières.


La prochaine étape... Faire éventuellement un autre test dans une autre entreprise pour comparer les estimations de mes origines ethniques, découvrir le Nigéria, apprendre des Nigérians, y vivre et devenir citoyenne nigériane sont peut-être les options possibles. Des choix évidents se dessinent pour vivre une existence plus en phase avec mes profondes aspirations sur les terres de mes ancêtres. Wait and see...

Extrait du prochain livre de Mélina Seymour, intitulé "Quand l'Afrique appelle ses enfants afro-descendants".

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Seymour

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